Valider un niveau d’anglais : quelle certification choisir ?

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À chaque projet d’études à l’étranger, de recherche d’emploi, correspond un test ou examen, parfois rendu obligatoire par ceux qui vous recrutent. Lorsque ça ne l’est pas, il est important de savoir sur quoi vous allez être évalué ou comment sont reconnues ces certifications afin de choisir la plus adaptée à votre projet.

La certification, c’est l’attestation d’un niveau de langue garanti par un organisme officiel et indépendant de votre université. TOEIC, IELTS, TOEFL, BULATS, CLES, FCE…, il existe aujourd’hui une dizaine de tests et examens d’anglais reconnus au niveau académique ou par les professionnels.

Ces tests permettent de valider un niveau via un score, mais leur durée de validité est en général assez courte, de deux ans bien souvent. Les examens débouchent, eux, sur la délivrance d’un diplôme. Donné à vie donc, mais à condition de posséder les compétences requises pour le niveau pour lequel vous avez candidaté.

Pour un étudiant qui a normalement peu d’argent, la première question à se poser devrait être : dois-je choisir un test public ou privé ?.

Le passage des « publics » est normalement gratuit ou moyennant une faible contribution alors que, pour les autres, les droits d’inscription vont en moyenne de 100 à 200 euros (voir encadré). Ce à quoi il faut parfois additionner le prix d’un trajet pour se déplacer dans un centre d’examen s’il n’y en a pas dans votre ville.

Éviter les tests français non reconnus des professionnels

Les tests publics « francofrançais » sont le DCL (Diplôme de compétence en langues) et le CLES (Certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur).

S’ils ont l’avantage d’évaluer toutes les compétences du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), ils ont en revanche l’inconvénient d’être « peu reconnus du monde professionnel », comme souligne Gail Taillefer, enseignante en anglais dans une université toulousaine.

Deuxième inconvénient , ils nécessitent pas mal de moyens, ce qui fait que toutes les universités ne sont pas à même de vous les faire passer. Enfin, attention aussi, le CLES exige de vous les mêmes niveaux dans toutes les compétences, « ce qui est extrêmement rare », constate encore Gail Taillefer. On est souvent meilleur à l’écrit et qu’à l’oral. Du coup, le taux d’échec est non négligeable.

 

CECRL : un cadre européen de référence

En 2001, le Conseil de l’Europe a publié le Cadre européen commun de référence pour les langues. Chacun de ses six niveaux (A1/A2, B1/B2, C1/C2) définit un degré de maîtrise sur cinq compétences : compréhension de l’oral, expression orale en continu, interaction orale, compréhension de l’écrit, expression écrite.

 

Posez-vous les bonnes questions

Côté organismes privés, le choix se fera en fonction de plusieurs critères. Si le certificat fait partie de l’un des documents officiels exigés pour une mobilité (études ou stages) ou pour l’obtention d’un diplôme, pas de tergiversation possible : passez celui qui vous est demandé, d’autant que certains établissements financent le test ou vous y préparent gratuitement. Par exemple, la Commission des titres d’ingénieur soumet depuis plus de 10 ans l’obtention du diplôme d’ingénieur à la validation d’un niveau d’anglais certifié et recommande le TOEIC.

Si rien n’est demandé, posez vous les bonnes questions. Aije besoin d’une certification pour des motifs académiques ou professionnels ? Qu’est-ce qui est le plus commode pour moi, selon le coût, et l’endroit où se passe l’examen ? Renseignez-vous aussi sur les aides existantes selon votre filière et votre lieu d’études. Certaines collectivités prennent en charge les frais d’inscription, comme le Conseil régional de Bourgogne pour le TOEIC.

TOEFL et TOEIC reconnus de nombreuses universités et entreprises

Côté reconnaissance, sachez que pour l’instant le TOEFL (version Internet-Based Test depuis 2005 c’est-à-dire passé via Internet) est le sésame pour partir dans les universités nord-américaines (Canada, États-Unis) avec un score minimal de 90 points, sur les 120 du test qui évalue les compétences listening, speaking, reading et writing. Il a son pendant professionnel, le TOEIC, élaboré par le même organisme, ETS Global. Très utilisé, ce dernier test ne fait néanmoins pas l’unanimité.

Parce que le candidat est invité à cocher les cases d’un QCM (questions à choix multiples) et qu’il n’y a pas d’entretien oral.

« Comme son nom l’indique, le Test of English for International Communication est censé évaluer la communication, or on n’est que dans la réception », relève Gail Taillefer.

Néanmoins, une toute nouvelle version du TOEIC impose aux étudiants un oral enregistré sur l’ordinateur.

Du reste, même s’il n’y a pas de véritable interaction, pour Bernard Moro, directeur du Centre de langues vivantes de l’université Pierre Mendès France à Grenoble, l’expérience est malgré tout « très forte » :

« L’étudiant entend des arguments sur des problématiques différentes et doit faire, sans avoir le temps de prendre des notes, une synthèse immédiate des deux, voire répondre à des questions très pointues. Même un indigène ne peut avoir la note maximale à ce type d’exercice ! »

En outre, malgré les critiques, le principal atout de ce test est qu’il est bien connu des professionnels en France. Un total minimum de 750 points (sur 990) est souvent demandé lors des recrutements.

Tests de Cambridge : plus réalistes et valables à vie

À côté, Cambridge ESOL propose aussi des certifications versions académiques et « business ». Elles sont plutôt privilégiées par le Royaume-Uni, l’Irlande ou encore l’Australie qui impose le passage de l’IELTS pour obtenir un visa de travail et intégrer une université.

Ils bénéficient d’une bonne image de marque parce qu’ils évaluent « de manière plus réaliste », comme le remarque Gail Taillefer. Ils ne se contentent pas de QCM et l’oral est un entretien en bonne et due forme. Durant 10 et 15 minutes, vous devrez vous présenter et discuter sur un ou plusieurs sujets donnés.

Ces examens sont peut-être un peu plus difficiles, plus chers aussi, mais ils sont valables à vie. Le BULATS est quant à lui intéressant pour toutes ces raisons, mais aussi parce qu’il évalue quatre langues – l’anglais, l’espagnol, l’allemand et le Français langue étrangère (FLE) – et que c’est actuellement le moins cher sur le marché. Enfin, pour candidater à un MBA (Master in Business Administration), sachez que le test d’anglais le plus fréquemment exigé est le Graduate Management Admission Test, dit G-Mat.

Ne pas viser plus haut que son niveau

Dans tous les cas, rien ne sert de passer une certification dès la première année d’études alors qu’on ne mettra pas un pied dans la vie active avant 3, 4 voire 5 ans ou plus. Pas la peine non plus de viser trop haut*. Le passage d’un niveau à l’autre ne se fera pas en quelques semaines. Ainsi, souligne Bernard Moro :

« Pour passer du niveau B1 à B2, on estime qu’il faut 300 heures d’exposition à la langue ! »

Reste qu’il y a un réel intérêt à inscrire une certification sur un CV. Sachant qu’un « lu, parlé, écrit » peut être totalement bidon et que « les notes ne signifient pas grand chose », comme le remarque Bernard Moro :

« Alors que le CECRL, en définissant chaque niveau de compétence est vraiment un outil qui permet aux décideurs de voir ce que sait faire le candidat en face : à tout le moins téléphoner et recevoir un coup de fil en anglais ! »

Aujourd’hui, c’est d’autant plus important qu’avec un bac +5 et quand on vise des fonctions liées à la gestion, la finance, le marketing par exemple, c’est un niveau B2, voire C1, que les entreprises attendent.

So now, up to you !

 

Combien ça coûte ?

Tests ETS
– TOEIC IBT (Test of English for International Communication) – 105 € pour le listening & reading ou le speaking & writing – www.fr.toeic.eu
– TOEFL IBT (Test of English as a Foreign Language) – environ 171 € (225 $) – www.fr.toefl.eu/

Examens de Cambridge ESOL
– FCE (First Certificate in English), niveau B2, intermédiaire – 188 €
– CAE (Certificate in Advanced English), niveau C1, avancé – 199 €
– CPE (Certificate in Profeciency in English), niveau C2, le plus élevé – 209 €
– BULATS (Business Language Testing Service), niveau d’anglais des affaires – 65 €
– IELTS (International English Language Testing System) – 175 €

 

 

Camille Pons

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Elodie Frégé,


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