Un film intense et poignant sur l’attaque du Bataclan vu des USA.

Son précédent film a courru plus de 30 festivals de par le monde, et remporté des prix sur 3 continents. Son nouveau film vient d’être dévoilé à la presse avant une nouvelle course internationale en festivals. Le réalisateur français Matt Beurois a répondu à nos questions.

Tu as tourné ce film en anglais, en Califonie, dans le désert… Le rêve américain ?
Je fais des allers-retours aux Etats-Unis depuis quelques années. Ce film est en partie le résultats de mes premiers contacts là bas, et des opportunités qui se créent. c’est mon premier film en anglais, oui. Ca, c’est un vrai rêve de gosse. Tourner dans une autre langue, dans une autre perspective culturelle.

Ca ressemble à quoi, un plateau aux USA ?
Sur ce film, tout s’est très bien déroulé. Ma productrice était française, mais la boite de prod américaine. L’acteur est né à New-York. Le chef opérateur était d’origine italienne, le régisseur aussi, et le preneur de son d’origine hispanique. C’est les Etats-Unis, un mélange de tout !

 

Ton précédent film était un drame. Le nouveau est un drame super-angoissant inspiré de faits réels. Tu es quelqu’un d’angoissé ?
Non, pas vraiment… J’ai réalisé ces films parce que j’aime les histoires fortes, quand il a y du sous-texte. La question n’est pas de savoir si moi, je suis angoissé ou comment j’ai vécu les attentats, la question c’est comment, en tant qu’artiste, que réalisateur, je raconte une histoire qui va apporter quelque chose à ceux qui la regarde.

 

 

Comment on travaille sur un sujet comme ça, l’attaque terroriste du 13 novembre ?
C’est avant tout l’écriture avec ma co-scénariste. Ecrire quelque chose qui te parait vrai, juste, trouver l’équilibre entre le réalisme et le fait de tourner un film de fiction. Ensuite, l’acteur, par ce qu’il dégage, apporte forcément quelque chose à l”image. Et puis c’est respecter. Ne pas faire une film anecdotique, penser que de vrais gens ont été touchés, ont disparu. Ce film permet d’en parler, de comencer à digérer l’émotion. Le film est dédié aux victimes, et j’espère qu’il participera à réfléchir à la manière dont on perçoit les événements.

Comment on travaille avec des acteurs américians ?
Je n’ai pas changé mes méthodes de travail : je travaille avec l’acteur, je m’adapte à lui pour lui laisser un vrai espace d’expression. Quand Jansen pleure dans le film, je ne lui ai pas demandé de pleurer. C’est venu parce qu’il est allé lui au bout de sa propre émotion. C’était sa dernière prise ave dialogue, c’était magnifique. Quand j’ai dit “cut”, tout le monde sur le plateau a dit “ok, elle est bonne, pas la peine de la refaire”. Quand il tremble des lèvres, par contre, je lui ai demandé une fébrilité visible. C’est un travail réciproque, c’est ce qui fait que j’aime tant travailler avec des comédiens.

 

 

Ca fait quoi, de recevoir 6 prix alors que le film n’est pas encore sorti ?
On a gagné 4 prix du meilleur scénario aux 4 festivals dans lesquels on a postulé. Alors on se dit qu’on a un bon script ! J’espère que cela présage bien pou la suite, pour les festivals dans lesquels ce sera bien le film qui sera en compétition. Les deux autres prix, ce sont deux awards pour la meilleure chanson originale de film, écrite et composée par Auregan. Une chanson sensible, une belle production et une voix fragile, sur des textes qui font tout comprendre en disant très peu. Comme le film, qui ne montre rien, mais fait tout entendre.

Ce concept, justement, est diablement efficace : on ne voit rien, on reste dans le désert, et pourtant, quel suspense !
C’est la force du concept : en tant que spectateurs, on est en 2017. On sait tous ce qui s’est passé. Le personnage lui, répond au téléphone alors que la fraçaise est cachée dans le Bataclan : il lui faut du temps pour comprendre, et pour accepter la gravité de la situation. Je voulais que le film projette le spectateur dans cet instant réel, en temps réel, ce qui le rend encore plus terrible pour nous, pour qui c’est du passé, dont on connait déjà l’issue.

 

 

Ce nouveau film va sans doute très bien marcher en festivals… Tu aimerais quoi, comme sélections ?
J’espère… L’idéal serait d’aller plus haut encore que ce que j’ai fait avec mon précédent film. La finalité magnifique serait que le film aille à Toronto, à Sundance… Et Berlin, la Berlinale que j’ai failli faire avec “l’Homme du Passé”.

 

« Cinq Minutes avec Marie »

réalisé par Matt Beurois, avec Jansen Panettiere et Auregan.

Produit par Yucca Prime (site Internet).

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