Les gamers, éternels incompris !

Les gamers, éternels incompris !

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Les ados sont les premiers à vivre dans l’ère du tout numérique. Encore accusés d’apporter violence et désolation, les jeux vidéo restent, dans ce contexte, ennemis n°1 de certains parents un peu dépassés. Et pourtant…

Souvenez-vous, c’était il y a quelques semaines, en Suisse. Des médecins helvètes prescrivaient à une fillette de 12 ans de rester éloignée de sa console durant une dizaine de jours pour venir à bout d’une inflammation de la peau causée par l’utilisation excessive d’une manette de jeu. Une maladie que les médecins baptisèrent alors « Palmare PlayStation Hydratenitis »…

Quand l’abus de joystick donne lieu à de telles manifestations physiques, on peut parler de jeu excessif. Reste que c’est rarement le cas.

À l’image de la drogue ou de l’alcool, peut-on parler d’addiction simplement parce qu’un individu passe plusieurs heures devant son écran ? Nos parents avaient bien le flipper ! Premier élément de réponse rassurant de Serge Tisseron, psychiatre et directeur de recherche à l’Université de Nanterre : «  À l’adolescence, les mécanismes de contrôle de l’impulsion ne sont pas encore tout à fait maîtrisés. Si l’on ajoute à cela que son comportement change très vite, un ado pourra jouer plusieurs heures par semaine en seconde et tout arrêter en première. »

C’est la crise… d’adolescence

La situation n’est donc pas désespérée ! De plus, durant la célèbre crise d’adolescence – à laquelle personne n’échappe – les jeunes veulent d’abord être là où les adultes ne sont pas. Alors, étant donné qu’ils n’ont plus le droit de partir avec des copains faire du camping sauvage sur un terrain vague (c’était la belle époque !), ils s’enferment dans leur chambre avec leur console. Finalement, ne serait-ce pas aux parents de lâcher du lest ? « Les autres jouent eux-mêmes avec leur enfant. »

« l’essentiel est de savoir faire la part des choses, garder des amis et conserver d’autres centres d’intérêt ». Rien de plus simple… Enfin, pas si sûr ! Lui-même avoue s’être déjà levé dans le passé à 3h du matin « pour déplacer ses troupes d’une planète à une autre sur Ogame ».

Avis de l’expert, Serge Tisseron : « Le jeu vidéo est positif quand il aide à appréhender les difficultés de la vie. Quand un joueur programme son réveil à 3 h du matin pour avancer ses pions, il vaut mieux qu’il ait l’intention d’en faire son métier. Sinon, le jeu prend trop de place, il devient dangereux. »

Les jeux révèlent une anxiété

Il n’est pas question d’affirmer ici que les jeux vidéos devraient remplacer les leçons à la maison. Mais au vu des recherches récentes, ils ne créeraient pas de dépendance. Fort de ses rencontres, Bastien Cardin explique : « Un ado va se replier sur les jeux vidéo pour oublier ce qui ne va pas au bahut. Il va chercher du plaisir dans un monde virtuel qu’il a l’impression de maîtriser. C’est de l’automédication. » Dans ce cas, l’ado en question a bien un problème mais les jeux n’y sont pour rien.

Osons le dire, les jeux en ligne bien utilisés ont des avantages. Un exemple ? Guerrier, moine, rôdeur et assassin doivent collaborer dans Guild wars. C’est comme dans la vie… ou presque !

Une étude sur des spécimens vivants de joueurs

Vanessa Lalo, membre de l’équipe du psy Serge Tisseron, s’est rendue mi-avril à la Gamers assembly, le plus grand rassemblement de joueurs en réseau, qui se déroule chaque année depuis 10 ans au Futuroscope de Poitiers. L’objectif ? Interroger les participants sur leurs pratiques afin de savoir si les ados et les adultes jouent pour les mêmes raisons. Les résultats seront connus dans deux ans.

Sur le web spécimens vivants de joueurs

Articles, reportages télé, forum, contacts utiles, vocabulaire… La plate-forme collaborative game-addict.org contient de nombreux outils ainsi que des questionnaires afin de savoir quelle est sa relation aux jeux vidéos.

Counter Strike, une « discipline sportive »

À 24 ans, la Marseillaise Olivia Pontone est parvenue à se lancer dans la vie professionnelle tout en continuant à jouer « raisonnablement ». Diplômée d’une école de commerce, elle est aujourd’hui contrôleuse de gestion. Et pourtant, Olivia, ce n’est pas n’importe qui… Avec ses quatre « amies » de l’équipe « Emulate », « Piki », comme on la surnomme dans le milieu, est championne de France de Counter Strike depuis 5 ans. Le quintette a même remporté la coupe du monde des jeux vidéo en 2006, à Paris Bercy. « Je vis tout cela comme une discipline sportive. Avec mes coéquipières, nous nous entraînons deux ou trois soirs par semaine », explique celle qui a découvert les jeux en ligne à 18 ans. « Ce qui me plaît dans Counter Strike, c’est la cohésion et l’esprit d’équipe. Chacune a un rôle à jouer, avec ses compétences. » L’argent ? Même à ce niveau, elle n’en gagne pas beaucoup. En revanche, Olivia enchaîne les voyages. Las Vegas, Séoul, San José (USA)… Son équipe est invitée par les plus grands tournois. Pas de quoi lui faire prendre la grosse tête pour autant !

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