La griffe Nolan, la saga de l’apocalypse : Batman Begins (Saga Batman 2/4)

La griffe Nolan, la saga de l’apocalypse : Batman Begins (Saga Batman 2/4)

Il aura fallu patienter dix longues années avant de pouvoir enfin tourner la page ouverte par Joel Schumacher. Nous sommes en 2005 et un réalisateur britannique très prometteur, Christopher Nolan, prend les commandes de Batman Begins, un blockbuster ambitieux, censé réconcilier l’homme chauve-souris et ses fans.

 

Premier épisode de notre Saga Batman, à relier ici.

 

Ce que l’on sait de lui ?  Il s’est imposé comme une valeur montante en à peine trois films, dont le cultissime Memento, une œuvre touffue faisant la part belle à l’écriture multidimensionnelle et aux bonds temporels.

Dans Batman Begins, il suffit à Nolan de quelques scènes pour mettre en place un climat anxiogène, matière première d’un irrésistible film noir, se posant d’emblée comme l’exact contraire de Joel Schumacher. On ne lui donnera pas tort.

 

 

Ce premier volet d’une nouvelle trilogie possède tous les attributs d’une œuvre adulte, réaliste, dense, brillante et nerveuse. Le spectateur n’en sort pas indemne : les codes du film de super-héros s’effondrent pour mieux se renouveler et l’étouffante noirceur de ce Gotham City dépoussiéré fait froid dans le dos.

Le casting ne souffre d’aucune faiblesse. L’inexpressif Christian Bale trouve ici un rôle à sa mesure – et devient le meilleur Batman porté au cinéma. Michael Caine, Morgan Freeman et Liam Neeson déroulent tranquillement leur jeu, sans forcer leur talent. Gary Oldman et Katie Holmes rehaussent encore un peu l’affiche. Le scénario s’oriente rapidement vers la formation du chevalier noir au sein de la Ligue des ombres, un groupuscule aux contours sectaires dirigé par le mercenaire Ra’s Al Ghul.

On s’intéresse également à l’enfance de Bruce Wayne, à ses blessures enfouies et à l’élément déclencheur de sa haine des malfrats. Sa dualité, handicapante sans jamais devenir schizophrénique, bénéficie (comme le reste) d’un traitement adapté, soigneusement calibré. En dépit des nécessités scénaristiques – la présentation des personnages, la genèse de l’équipement de Batman, la psychologie du héros, la lutte pour le salut de Gotham –, le rythme reste soutenu, d’une nervosité perceptible, avec des touches d’humour bonifiant le récit sans en parasiter la narration.

L’écriture n’est jamais en reste : d’une densité considérable, elle pose les fondements d’un univers revisité, modernisé, empruntant autant au thriller paranoïaque qu’au cinéma noir. Que retenir ?  Christopher Nolan nous parle de justice, de corruption, d’émancipation, de chaos. Il marque son film de critiques à peine voilées touchant les systèmes policier et judiciaire, incapables de maintenir l’ordre, auxquels il oppose l’efficacité de son héros, un chevalier noir ambivalent, vengeur masqué et écorché vif. Visuellement bluffant, tirant le meilleur de chaque plan, Batman Begins peut en outre compter sur un script de grande qualité. Il vient superbement compléter l’œuvre de Tim Burton, dans un registre tout à fait différent. Une claque aussi monumentale qu’inattendue.

 

Jonathan Fanara

 

 

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