François Rebsamen ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social – son portait -

François Rebsamen ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social - son portait -

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Le Sénateur Maire PS de Dijon, et Président du Groupe socialiste du Sénat, avait accepté de répondre à nos questions… Toutes nos questions.

Il est désormais Ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social

Il nous parle ainsi de Mitterand comme de Men In Black, de ses choix politiques mais aussi des projets universitaires pour sa ville, ou encore de ses (bonnes) notes lorsqu’il a passé son BAC… Interview sans tabou !

 

 

 

 

LA PRESIDENTIELLE

EpicureWeb : Vous avez trouvé le premier voyage du président Hollande en Allemagne réussi, notamment au niveau symbolique. Jusqu’ici, sans parler d’état de grâce, le président et toute son équipe semblent éviter habillement les faux pas. Quels seront selon vous les écueils à éviter dans les semaines et mois à venir ? 

François Rebsamen : François Hollande a placé son quinquennat sous le signe de la « normalité » et de la simplicité. Il ne souhaite pas que le carcan du protocole attaché à sa fonction le prive de la proximité qu’il veut conserver avec les Français.

Il est essentiel aussi de montrer que les engagements pris pendant la campagne seront tenus, et à cet égard l’instauration du dialogue avec les syndicats, les premières décisions annoncés sur les loyers, sur la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé leur carrière jeune et ont cotisé 41,5 annuités, sont des signes positifs. Il faut aussi continuer à marquer la rupture avec le quinquennat précédent : exemplarité, concertation, respect des institutions, il est essentiel de prouver que le changement a commencé.

 

Vous avez dédié la victoire de François Hollande à François Mitterrand, depuis Dijon. L’ombre de Tonton ne risquait-elle pas, justement, de faire de l’ombre au PS des années Hollande, à force ? 

Je citerai John Kennedy « On connaît une nation aux hommes qu’elle produit, mais aussi à ceux dont elle se souvient et qu’elle honore. »

François Mitterrand incarne le passé glorieux des socialistes et de la gauche, François Hollande incarne son avenir.

 

Vous aviez soutenu Ségolène Royal pour le deuxième tour de 2007. Comment avez-vous ressenti la campagne de l’intérieur en 2007, et en 2012 ? 

En 2007 en tant que co-directeur de la campagne de Ségolène Royal ma responsabilité était plus grande au quotidien. Ce fût une campagne joyeuse, même si elle fût difficile. Il y avait une sorte de ferveur, un côté passionnelle à la fois dans l’adhésion à notre candidate comme dans son rejet.

La campagne de 2012 s’est déroulée dans un contexte de crise, avec une France dégradée, des français en grande inquiétude pour certains en désespérance, avec des lignes de fractures entre les citoyens attisées par le candidat sortant. Ce fût donc à mon sens, une campagne plus rationnelle, plus « grave » de part la nature du contexte.

 

 

Vous avez été numéro 2 du PS quand François Hollande le dirigeait. Et pourtant vous n’êtes pas entré au gouvernement… Vous avez ressenti de la déception ? 

Non, pas du tout. Compte tenu de la règle fixée par François Hollande en matière de non cumul, j’avais fait mon choix : Dijon et la Présidence du groupe socialiste au Sénat.

 

Ce n’est peut être que partie remise pour le gouvernement Ayrault… 2, le moment venu, éventuellement ? 

Les élections municipales sont en 2014 et j’ai déjà indiqué que je serai candidat à ma propre succession.

 

Vous aviez publiquement évoqué la légalisation du cannabis. Cela pourrait-il être une des mesure « symbole » comme le gouvernement a commencé à en prendre ? 

Je n’ai jamais parlé de légalisation mais de « contraventionnalisation ». Aujourd’hui sur 142 000 procédures par an concernant la consommation personnel de cannabis, 24 000 seulement donnent lieu à des poursuites. Cette mesure permettait à la fois de désengorger la police et la justice de procédures inutiles, et d’avoir une sanction effective et immédiate, avec graduation en cas de récidive et accompagnement thérapeutique.

Le Sénat a d’ailleurs adopté une proposition de loi dans ce sens déposée par un Sénateur UMP à la demande de la MILDT et votée par l’ensemble des sénateurs. Il suffit qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée nationale et votée pour devenir effective.

Mais François Hollande, pendant sa campagne avait indiqué qu’il n’y était pas favorable.

 

 

 

 

LE SENAT

 

Pour les jeunes qui nous lisent, comment expliqueriez le travail qui est le votre de président du groupe socialiste au Sénat ? 

Le mandat des Sénateurs comporte 3 missions : légiférer bien sûr, c’est-à-dire élaborer et voter les lois, mais aussi proposer et contrôler. Mon rôle consiste à animer et organiser avec l’aide des présidents de commissions et du bureau du groupe, l’ensemble de ce travail parlementaire de mes collègues socialistes.

Je le fais dans le dialogue et la concertation mais je n’hésite pas à arbitrer quand c’est nécessaire. Je représente mon groupe auprès du gouvernement, et je coordonner le travail de notre groupe avec celui des autres groupes de la majorité sénatoriale. Je travaille en liaison étroite avec le Président du Sénat Jean-Pierre Bel.  J’assure aussi les contacts avec les présidents des groupes d’opposition.

 

 

Nous avions fait un reportage photo place de la Bastille, au soir du second tour. Les élections législatives, c’est important. Comment l’expliquer aux jeunes, que leur diriez-vous pour que la mobilisation soit aussi forte ? 

L’enjeu des législatives est simple : il faut donner au Président de la République une majorité qui lui permette d’appliquer son programme.

Sans une majorité de députés socialistes à l’Assemblée nationale, la suppression de la TVA sociale, la fin des injustices fiscales, l’augmentation des postes dans l’éducation nationale, la caution solidaire pour aider les jeunes à trouver un logement, toutes ces mesures ne pourront pas voir le jour. Si la droite gagnait les élections législatives, ce serait le retour de la politique de Nicolas Sarkozy, avec une cohabitation qui paralyserait le redressement de notre pays.

Il est donc essentiel de se mobiliser et d’aller voter pour que le changement voulu et espéré par les Français puisse se traduire dans des actes.

 

La mise en danger de NKM ou de Bayrou aux prochaines élections, c’est normal, ou bien ces personnalités politiques importantes devraient continuer à avoir une voix dans le débat public ? 

J’ai beaucoup d’estime pour François Bayrou et la position personnelle qu’il a prise en faveur de François Hollande, à l’inverse de beaucoup de ses partisans, était courageuse et inspire le respect. Il serait très injuste qu’il en paye le prix en étant sanctionné par ses électeurs. Je souhaite qu’il puisse faire entendre sa voix dans le débat démocratique des prochaines années.

Le cas de NKM est un peu différent car j’ai le sentiment qu’elle a plus à craindre de ses propres amis que de ses électeurs. Quoiqu’il advienne, elle a beaucoup de talent, et il faudra compter avec elle dans l’avenir.

 

 

 

 

DIJON

Vous êtes Maire de Dijon et président de l’agglomération Dijonnaise. Vous avez déclaré sur Europe 1 avoir « choisi le Sénat et Dijon ». Quel est votre attachement à cette ville, humainement ? 

Dijon, ce sont mes racines, ma famille, mes amis, mes paysages, là que j’aime vivre et me ressourcer. Là que j’aime agir au service des Dijonnais. Je n’oublie pas et n’oublierai jamais la confiance que les Dijonnais m’ont accordée et qu’ils me témoignent encore.

Ce capital de proximité et d’estime réciproque donne une grande force dans le combat politique. Pour moi la politique c’est « faire » et c’est en tant que Maire qu’on peut construire et agir sur quotidien des habitants de sa ville, et c’est inestimable ! Tous les élus vous diront que le  plus beau des mandats est celui de Maire. 

 

Quels sont les projets universitaires et scolaires dans votre ville ?

Dijon se classe au premier rang du dernier palmarès de “l’Etudiant” des villes dans lesquelles il fait bon étudier. Avec plus de 30 000 étudiants pour 400 diplômes proposés, notre ville offre un large éventail de formations généralistes mais elle cultive aussi les secteurs de pointe.

Chaque année, près de 3 400 étudiants étrangers poursuivent aussi leur cursus à l’Université, à l’ESC ou à Sciences Po. Pour rester attractif, j’ai souhaité la mise en place d’une politique volontariste d’accueil de nos étudiants avec, par exemple, le lancement de la “Carte culture” ou encore d’une offre accessible et diversifiée de logements, de transports et d’équipements sportifs.

Je suis convaincu que pour lutter contre la crise, il faut investir dans la matière grise. Pour nos écoles, nous lancerons à la rentrée prochaine un projet éducatif global, appelé « Sésame » destiné à coordonner les actions éducatives et de loisirs pour les enfants et les jeunes dijonnais. Pour moi l’éducation, l’éveil des plus petits et l’accompagnement des jeunes est une priorité de l’action municipale.

 

Le 11 mai vous avez participé au réaccrochage d’une œuvre de l’artiste Yan PEI-Ming, au CROUS de Dijon. Un moment particulier ? Un exemple de réussite ? 

Je connais Yan Pei-Ming depuis longtemps, depuis ses débuts. C’est un ami et c’est un immense artiste reconnu et apprécié dans le monde entier. Dijon a su l’accueillir et lui donner un environnement qui lui a permis de s’épanouir et de porter son talent au sommet de son art.

Je suis fier de sa réussite, fier que malgré elle, il soit resté fidèle à Dijon. Il contribue à son rayonnement et fait partie de son patrimoine culturel. Au même titre que les pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne dont la renommée est mondiale.

Il est normal que Dijon lui rende hommage et la présence de son œuvre au Crous est un symbole et un exemple pour tous les jeunes qui étudient à Dijon.

 

 

 

 

PORTRAIT

 

Vous avez milité dans les années 70 pour la Ligue communiste révolutionnaire. Quel est votre regard sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?

Jean-Luc Mélenchon est un grand tribun. Il a su enflammer les foules en leur disant ce qu’elles souhaitaient entendre. Mais si on peut le rejoindre sur les principes des causes qu’il défend, quand il s’agit de la mise en œuvre concrète de sa politique, là on se heurte au principe de réalité.

Je salue son combat contre le Front national, qui ne m’étonne pas car c’est un homme attaché aux valeurs de la République.

 

Quel est le dernier film que vous ayez vu au cinéma ?

Mud, le film de Jeff Nichols que j’ai vu au Festival de Cannes, que j’ai trouvé à la fois sensible et romanesque

 

Etes-vous public de films tels que Spider-Man, ou Men In Black ?

Non pas vraiment, même si Men in Black est très drôle. Je préfère Edward aux mains d’argent, pour moi c’est le chef d’œuvre de Tim Burton.

 

Est-ce que vous écoutez de la musique en travaillant ?

Mes gouts musicaux sont très éclectiques, ils vont de l’opéra aux variétés en passant par le Jazz, la musique latino américaine,  avec des incontournables comme le Rock et les Stones.

J’ai peu l’occasion d’écouter de la musique en travaillant sauf chez moi lorsque je signe les parapheurs ou que j’étudie un dossier mais là le choix est collectif avec ma famille, et c’est plutôt du jazz.

 

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage du Baccalauréat ? 

Stressant comme pour tous les candidats, mais j’en garde plutôt un bon souvenir puisque j’ai été reçu.

 

Comment vous étiez-vous préparé

En travaillant sérieusement toute l’année mais sans excès.

 

Aviez vous eu de bonnes notes ? Dans quelle matières ?

J’ai eu une mention et mes meilleures notes étaient en Philo et en Histoire.

 

Quel serait le truc le plus délirant qui vous soit arrivé dernièrement ? 

J’étais juché sur un tronc d’arbre au milieu d’une rivière pour pêcher à la mouche,- mon passe temps favori- tout d’un coup je me suis trouvé nez à nez avec un cerf qui entrait dans la rivière pour boire. Nous étions face à face et là j’ai perdu l’équilibre et je suis tombé dans l’eau, à son côté !

Heureusement il m’a dédaigné…

 

Qu’est-ce que vous conseillez aux jeunes qui veulent s’engager ou faire de la politique ? 

Un idéal : la lutte contre les injustices. Mais aussi de la constance et de la persévérance.

Ne pas craindre l’échec, ne pas être pressé, savoir encaisser les coups, rester fidèle à soi même, à son camp, à son engagement et à sa cohérence.

Ne pas considérer la politique comme une fin en soi, une fin pour soi mais comme un moyen d’agir pour les autres.

 

 

 

Merci à Mr Rebsamen et aux membres de son équipe qui ont rendu possible cette interview.

 

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