DVD : L’Ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz

DVD : L'Ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz

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Nous ne parlerons pas des coups de colère de Kasso, ni des polémiques qui ont entouré le film ou sa médiatisation.

 

Car à voir l’Ordre et la Morale, on se rend vraiment compte de l’amplitude cinématographique du projet. On peu apprécier ou non la réalisation très posée, parfois académique. Le déploiement linéaire du scénario, malgré quelques effets de styles, peu également être perçu comme un compte à rebours, un suspense à contre courant, ou bien un simple déroulé chronologique sans grand relief.

 

 

 

L’intérêt du film nous semble ailleurs : on sent dans le film de Mathieu Kassovitz un travail, une recherche, une écriture qui fait cruellement défaut au cinéma et à l’art français de manière générale.

Pour traiter un vrai sujet, il faut du courage, du temps, et de la détermination. Que ce soit pour Babylon AD, pour Métisse ou pour L’Ordre et la Morale, on sait que Kasso se donne à fond dans ses projets, et qu’il les traite avec ses sentiments : son coeur, son énergie, sa colère, sa hargne.

 

 

On sent dans L’Ordre et la Morale une ambition forte, contenue dans un film qui, malheureusement, fut incompris.

Dans le fond, le timing n’était peu être pas le bon, le public français, qui s’intéresse rarement aux sujets « lourds » avait l’esprit ailleurs lors de la sortie en salles. Il est certain qu’une sélection à Cannes l’an dernier aurait considérablement porté le film, ne serait-ce que pour sa réputation.

Dans sa forme, les partis pris de la réalisation sont tout de même assez hermétiques. Les acteurs amateurs, l’omniprésence de Mathieu, les mouvements lents, l’atmosphère contemplative ne permettront sans doute pas au grand public d’y trouver son compte. En caricaturant de manière cruelle, on pourrait dire que L’Ordre et la Morale est l’opposé de 24 heures Chrono, alors que leur principe scénaristique est le même.

 

 

D’où l’intérêt de ce rattrapage en DVD : redécouvrir une oeuvre de cinéma, apprécier des images excellemment travaillées, et se dire que quelque part, Kasso est peut-être, sans doute, notre Terence Malik.

Qui, dans notre paysage ciné national, est capable de faire un tel film ? De sortir des sentiers battus dramatiques, pathétiques, mélodramatiques pour faire un film de cinéma ?

Aujourd’hui, dans la chanson comme dans le cinéma, les petites histoires, le quotidien, la simplicité ont pris possession du grand écran et des ondes. Un film comme L’Ordre et la Morale est un bienfait car il tire tout le cinéma vers le haut, même si c’est malgré lui.

 

Nous avons besoin de Kasso, mais le méritons nous ?

 

 

 

 

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