2012 : une année où on fait les contes

2012 : une année où on fait les contes

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Cette année aura été marquée par la sortie, à quelques mois d’intervalle, de deux adaptations de Blanche-Neige au cinéma et le succès outre-Atlantique de deux séries autour de l’univers des contes. Comment expliquer cette tendance très marquée et que valent ces adaptations modernes? On vous dit tout !

 

 

De la fantasy aux contes de fées

Bon, ce n’est un secret pour personne : depuis que Harry Potter et  Le Monde de Narnia ont été adaptés au cinéma au début des années 2000, le merveilleux fait vendre. Souvent, cela donne lieu à des ersatz sans saveur, des blockbusters gentillets propices à une sortie au moment des fêtes pour réunir toute la famille dans les salles obscures. Il y a également eu quelques très bons films dans cette veine, permettant au genre d’avoir une image respectable.

Mais, alors que jusque-là la tendance était plutôt aux petits sorciers et à la fantasy, depuis un peu plus d’un an, Hollywood nous propose de plus en plus d’adaptations des grands contes de notre enfance… Vous savez, ceux qui ont été transposés par Disney ! D’où un calendrier assez troublant sur les petits et grands écrans : aux États-Unis, les séries Grimm et Once Upon a Time ont démarré à quelques jours d’intervalle sur des chaînes concurrentes, tandis que Blanche-Neige de Tarsem Singh (avec Julia Roberts et Lily Collins) est sorti à peine deux mois avant Blanche-Neige et le chasseur, qui arrive sur nos écrans aujourd’hui. C’est ce qui s’appelle un plan marketing bien pensé ! Mais ces projets sont-ils aussi semblables que ça ?

 

2 séries, 2 transpositions modernes

Les séries Grimm et Once Upon a Time reposent sur un concept très proche : dans une Amérique rurale moderne, les héros se rendent peu à peu compte que les contes de fées sont tous réels et font figure d’élus capables de sauver le monde. Dans le cas de Grimm, le héros est un descendant direct des fameux conteurs, qui combattaient en réalité les créatures qu’ils décrivaient dans leurs écrits.  Hanté par des cauchemars et poursuivi par des monstres, ce policier poursuit la quête de ses ancêtres après avoir pris connaissance de son héritage.

Dans Once Upon a Time, l’héroïne est une jeune femme orpheline qui est en réalité la fille de Blanche-Neige et du prince ! Après que la méchante reine ait jeté un sortilège sur l’univers des contes pour empêcher les happy ends, princesses, fées et pantins de bois se retrouvent coincés à Storybrooke (jeu de mots avec story book : livre d’histoires), une petite ville paumée des Etats-Unis où le temps est gelé. Tous les personnages sont amnésiques et ont dorénavant de nouvelles identités. Lorsque le fils que l’héroïne avait abandonné à sa naissance dix ans auparavant la retrouve, il l’emmène dans la petite ville pour qu’elle brise enfin le sortilège. En effet, le petit garçon a été adopté par la reine, devenue maire et a découvert la vérité sur Storybrooke en lisant un livre de contes offert par son institutrice… Blanche-Neige !

 

 

Des concepts similaires pour des séries différentes

Malgré les similarités de leurs concepts, les deux séries sont très différentes, par leur ton autant que par leurs partis pris esthétiques. Grimm est une série policière fantastique sombre et flippante, violente et à l’image léchée. On est bien chez les frères Grimm… dans les contes d’origine et non leurs adaptations édulcorées à la Disney ! Once Upon a Time, en revanche, revendique clairement sa filiation avec ces adaptations, en allant jusqu’à reprendre les robes de Belle, Cendrillon et Blanche-Neige et en faisant référence à des scènes célèbres dans les dessins mais absentes des contes d’origine. L’esthétique est assez (voire parfois très) kitsch, les intrigues sentimentales… Cependant, au fil des épisodes, la série perd de son aspect guimauve et approfondit la psychologie de ses personnages, notamment celle des méchants, qui deviennent complexes et touchants. 

La série compte parmi ses scénaristes et producteurs deux anciens scénaristes de Buffy contre les vampires et Lost et cela se sent : on retrouve de nombreux acteurs des deux séries cultes et surtout, chaque épisode est centré sur un personnage différent et alterne flash-backs et instants présents. Comme dans Buffy, la série de Joss Whedon (le réalisateur de The Avengers) l’héroïne connaît un voyage initiatique où elle devra prendre conscience de sa position d’Élue et l’accepter pour pouvoir se battre contre le Mal, qui apparaît moins manichéen qu’il n’y paraît. Pour la petite histoire, l’un des créateurs de Grimm, David Greenwalt, était le producteur exécutif de Buffy et le co-créateur de sa spin-off Angel !

 

 

 

Blanche-Neige vs. Blanche-Neige et le chasseur

En ce qui concerne les deux Blanche-Neige, le modèle ressemblance-dissemblance se vérifie. Dans les deux cas, une grande actrice hollywoodienne joue le rôle de la méchante reine (Julia Roberts pour le film de Tarsem Singhn et Charlize Theron pour Blanche-Neige et le chasseur) et une jeune actrice montante celui de l’héroïne (Lily Collins dans le premier cas, Kristen Stewart dans le second). Les deux films sont des adaptations libres, un brin décalées, qui racontent l’histoire sous un angle légèrement différent : la reine a la part belle et Blanche-Neige se change en guerrière maniant l’épée avec classe. Pas de transposition moderne ici, on reste à l’époque des contes, avec ses preux chevaliers, ses châteaux de rêve et ses beaux costumes. Mais à chaque fois, les producteurs proposent une vision plus dynamique et progressiste, où la princesse n’est pas une simple potiche faisant le ménage, complètement passive face aux événements.

Pour les différences, studios et acteurs ont tout fait pour mettre les points sur les i : alors que le film avec Julia Roberts est plutôt une comédie très second degré tournant les éléments de l’intrigue en dérision, Blanche-Neige et le chasseur se veut comme une version sombre de l’histoire, centrée sur la relation entre le chasseur chargé de tuer la princesse (Chris Hemsworth, le Thor des Avengers) et celle-ci. Niveau réception critique, en revanche, les films ont connu un sort semblable : ils ont dans l’ensemble été jugés décevants. Bien joués, avec à chaque fois un rôle jouissif pour l’actrice incarnant la reine, mais décevants pour le personnage de Blanche-Neige, avec surtout une réalisation trop lisse et commerciale. De beaux produits calibrés, dans la lignée du Alice au pays des merveilles de Tim Burton (2010), qui a sans doute été à l’origine de cette tendance juteuse.

Cependant, malgré les reproches qui lui ont été faits, le film de Tarsem Singhn reste un bon divertissement, léger et commercial certes, mais bien fait. Quant à  Blanche-Neige et le chasseur, il semble également avoir  des qualités, comme son casting de premier choix et ses effets spéciaux. On vous laissera donc juger par vous-mêmes et décider si cette tendance des contes présente un réel intérêt. Grimm est par ailleurs actuellement diffusé sur Syfy France et devrait prochainement passer sur NT1. M6 a de son côté acquis les droits de Once Upon a Time, qui devrait donc débarquer bientôt sur nos écrans.

 

Cécile Desbrun

 

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